Heidi Wood
Titre de l’exposition
du 18 octobre au 15 decembre 2021

ESADHaR
2 rue Giuseppe Verdi
76000


Entrée libre du lundi au vendredi
de 09h00 à 17h00

VERNISSAGE LE 18 OCTOBRE 2021

PRÉSENTATION

Née en 1967, Heidi Wood est une plasticienne basée à Paris. Son travail consiste à cartographier les lieux qu’elle fréquente ainsi que l’indicible des relations sociales. Depuis 2008, elle questionne les hiérarchies résidentielles et géopolitiques par le biais de pseudo-campagnes promotionnelles pour des destinations improbables (zones désindustrialisées, villes de l’ex-empire Soviétique récemment désenclavées par des vols low cost, banlieues déclassées…).
Coupée de son sujet par la pandémie du Covid-19 elle s’est intéressée au quotidien, aux théories du complot et à l’irruption technologique dans notre intimité. Son Journal mensuel documente cette étrange expérience collective. Un jeu de cartes électronique, Oracle, fait de tirages aléatoires de cartes et de prophéties incarne l’ambiance pandémique.
Les œuvres de Heidi Wood sont aussi bien des réalisations monumentales dans l’espace public que des pdf téléchargeables sur son site internet. Elles se trouvent dans les collections publiques (FNAC et plusieurs FRAC), ainsi que dans la Collection d’art de Renault.

Quelle est votre relation au Design Graphique ?
Longtemps, mon travail a déployé les codes de la communication et ce qui l’en distinguait était son aspect gratuit : l’absurdité de l’objet que je prétendais promouvoir et l’absence de projet marchand. Aujourd’hui, la partie la plus expérimentale de mon travail consiste à créer des récits sous forme de livret téléchargeable sur mon site internet. Je considère désormais la mise-en-page comme un langage plastique à part entière. Je cherche aussi à malmener les habitudes de navigation sur mon site en créant les détours qui dérèglent la consultation.

 

Présentez-nous votre projet pour cette édition 2021.
Ma proposition pour l’Hus prend en compte sa localisation au sein de la Grand’Mare et de l’école d’art au moment précis de mon parcours où je fais un bilan, sous forme de livre d’artiste, de dix ans de travail consacrés à la promotion pseudo-touristique des lieux périphériques. L’accrochage sera donc un prolongement de la mise en page du livre et le reflet d’un tournant narratif qui date de 2017 : les images issues de mes archives rencontreront des bribes de textes pour créer des récits déroutants, absurdes, parfois drôles. J’ajouterai des simulations inédites d’intérieurs rehaussés de mes peintures murales en utilisant l’outil de conception d’Ikea. L’ensemble sera envisagé comme la maison témoin d’une zone résidentielle générique.
Des pages A4 imprimées seront marouflées sur les murs. Des tableaux représentant des façades d’HLM seront accrochés par dessus. Agrafées aux murs, y compris extérieurs, j’envisage des feuilles A5 imprimées dans l’atelier de sérigraphie qui comportent des « errata erronés » du futur livre. Éléments perturbateurs de l’accrochage, ils apporteront des corrections farfelues à l’exposition et évoqueront la vie des habitants.



Quelle expérience aimeriez-vous faire vivre aux visiteurs d’USG21 ?
Pour accéder au lieu d’exposition au sein de l’école d’art depuis l’arrêt de bus, il faut traverser pendant 5 minutes une zone péri-urbaine. Le visiteur est donc émergé dans le sujet de l’exposition avant de se confronter à la traduction que j’en fais. Puisque mon travail consiste à questionner les hiérarchies résidentielles et à promouvoir les attraits des destinations décalées, je suis très heureuse d’offrir au public de la Saison graphique une occasion de pratiquer du tourisme culturel hors piste.