Jean-Claude Mattrat
Qui songe au séraphin ?
du 16 octobre au 20 novembre 2021

La Forme
8 rue Pierre faure
76600 Le Havre


Entrée libre du jeudi au samedi
de 14h30 à 18h30

PRÉSENTATION

Je suis né en 1951 à Rouen, je vis et travaille à Avenay près de Caen. Après des études et un diplôme à l’école des Beaux-arts de Rouen, je travaille comme dessinateur de presse dans la presse syndicale, la presse d’opinion, la presse jeunesse, la presse vie pratique…Parallèlement j’ai créé une structure éditoriale, Iconomoteur, pour encadrer ma pratique artistique, l’édition n’étant ni un but ou un projet mais une forme. Je diffuse mon travail par le biais de salons spécialisés et par un site conçu comme la colonne vertébrale de ma démarche.

Pourquoi êtes-vous devenu.e graphiste ?
À l’instar de monsieur Jourdain, dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière, je me suis aperçu que je faisais du graphisme sans même avoir connaissance de son existence.
« Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. »
L’implacable orientation scolaire m’offre le choix entre un CAP de peintre en lettres et un autre en peinture sur assiettes. Je choisis les lettres plutôt que les assiettes. Ensuite, entré aux Beaux-Arts de Rouen je prépare un diplôme en communication, mis sous forme de livres, un membre du jury trouve cette façon (le livre) banale, observation qui m’a décidé à m’y intéresser plus encore. Ma principale activité depuis les années 1980 est l’expérimentation et l’élaboration de multiples, livres, dont la parution s’attache à suivre les mois de l’année. C’est une forme de protocole. Ces livres ont des titres mais pas de texte sauf à y trouver à l’intérieur la mention : Ce livre est. Ces livres sont accompagnés de Cahiers d’atelier et de Cahiers de dessin.

 

Présentez-nous votre projet pour cette édition 2021.
La série formée par ces livres durant les mois de l’année appelle un projet de monstration à destination du spectateur, et dans le principe d’une consultation autorisée, autrement dit d’appropriation rapprochée du livre ou du cahier d’atelier ou de dessin. D’y découvrir ainsi la démarche qui joue avec tous les codes, de représentation et de non-figuration.
Ce projet de monstration se concrétise suivant les années par une table d’une forme spécifique.
Le principe d’accessibilité attise la curiosité du visiteur et lui permet d’avancer tranquillement, livre à livre, page à page dans l’œuvre. La table instaure une possibilité de conversation avec le visiteur en ce sens qu’elle offre le livre, le met à disposition.
La table est, tout autant que la reliure des livres et des cahiers, une forme plastique et non un simple objet utilitaire. La forme est pensée à chaque fois différente, marquant une année précisément. Cet objet fait partie du protocole et met en évidence la présence du multiple et de la série. Il touche tout autant au volume sculpté qu’à l’installation.
Les cahiers d’atelier sont des restes précieux, traces du travail d’impression, mais aussi possibles d’agencements nouveaux. Ils demandent à être présents en même temps que la table aux livres, mais à sa périphérie, dans de petits présentoirs, les supports muraux, accessibles au visiteur.
Il en est de même pour les cahiers de dessin réalisés, encre, peinture vinylique, collage, crayon de couleur, chaque mois souvent en deux jours, autre forme de protocole et de pensée divergente, annonçant ou non des formes livresques à venir. Ce sont comme des accompagnateurs du travail des livres imprimés.
L’ensemble activant l’idée du temps qui passe.

Quelle expérience aimeriez-vous faire vivre aux visiteurs d’USG21 ?
saisir des livres, les manipuler, se les approprier, c’est ce à quoi s’attache l’exposition au travers de sa mise en scène. Dont le titre « QUI SONGE AU SÉRAPHIN » est l’illustration de la plasticité des mots, un miroir re-formant et performatif de « UNE SAISON GRAPHIQUE » passé au filtre de l’anagramme.