Margot Criseo
Désapprendre
du 13 octobre au 27 novembre 2021

artothèque ESADHaR
74-76 rue Paul Doumer
76600 Le Havre

Entrée libre du mercredi et samedi
de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00,
jeudi et vendredi de 14h00 à 18h00

PRÉSENTATION

En 2018, j’ai passé mon DNSEP en design graphique aux beaux-arts de Toulouse. Puis j’ai fait un service civique en tant que graphiste dans une association d’éducation populaire. Cela m’a permis de ne pas me jeter immédiatement dans la vie d’indépendante, qui peut être difficile en sortant tout juste de l’école. J’ai ainsi pu prendre un temps pour trouver un atelier à Toulouse, faire des bédés et co-créer un collectif de graphistes avec des amies (le mmm collectif). Nous alternons entre commandes variées et travaux plus personnels, que nous faisons à trois ou en continuant également chacune nos pratiques graphiques et plastiques.
Dans mon travail détaché de la commande, je suis dans une relation avec le dessin et l’écriture ; et comme dans toute relation nous apprenons encore à nous connaître, à essayer de nouvelles choses, entre inévitable ennui et croustillant chaos.

Pourquoi êtes-vous devenu.e graphiste ?

Probablement parce que c’est plus simple de dire « graphiste » que de dire « alors il y a du dessin, de l’écriture, des livres faits maison, éventuellement des expositions, mais aussi des affiches, et peut-être un jour encore de la performance. ». Cependant, beaucoup de gens ne savent pas exactement ce que graphiste veut dire, alors il est bon pour nous de l’expliquer pour trouver petit à petit les réponses à cette question. 


Présentez-nous votre projet pour cette édition 2021. 

Bouvard et Pécuchet est le dernier roman inachevé de Gustave Flaubert. Il aurait confié à Tourgueniev quelques jours avant de le commencer « Il me semble que je vais m’embarquer pour un très grand voyage, vers des régions inconnues, et que je n’en reviendrai pas ». Ça donne un certain ton, oui. Le livre est fascinant pour tout ce qui se passe dedans, et tout ce qui s’y passe autour.
Nous avons donc les deux protagonistes, qui se lancent dans une quête de tous les savoirs possibles au travers des livres : agriculture, sciences, politique, littérature, religion… Au chapitre 4, c’est l’Histoire qui va les passionner, de la possession matérielle (le musée) à l’appropriation (l’écriture). C’est aussi un livre très drôle, et encore plus quand on regarde Flaubert comme le troisième personnage de cette histoire.
À la suite de mon projet de DNSEP, je repars en quête dessinée des formes qui font et défont l’histoire au travers de ce chapitre, éclairée par des historien.ne.s d’aujourd’hui. Bouvard et Pécuchet portent un désir d’une Histoire figée, immobile, sage comme une image. Ils s’y épuisent, comme dans toutes les autres disciplines, et le roman devait se finir par la très mystérieuse « copie »: en copiant, le savoir s’immobiliserait enfin. Cette question d’apprendre en (re)copiant m’intéresse pour les formes qu’elle produit et ses potentiel.le.s réussites ou échecs pédagogiques.
L’exposition est pensée à la fois comme copie, bureau et bibliothèque.

Quelle expérience aimeriez-vous faire vivre aux visiteurs d’USG21 ?
Voir l’exposition serait un très bon début. Sans écrans, donc. Peut-être pourront-ils et pourront-elles s’approcher de très très près, peut-être même MANIPULER des pièces – soyons fous. La suite des événements nous le dira.